EELV et LFI ont rejoint le collectif
En moins de deux ans, près de 3 000 personnes auraient déjà participé aux « grands cercles » – sortes de communautés des adhérents – ou aux assemblées militantes. Mi-septembre, ils étaient près de 500 à se réunir dans une salle municipale pour la première grande rencontre publique et la présentation de la démarche. Le succès est tel qu’en début d’année, les élus et militants d’Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) ont rejoint le collectif. Suivis, quelques semaines plus tard, par ceux de La France insoumise (LFI) et par Romain Cujives, suspendu par le Parti socialiste (PS) alors qu’il était en tête des sondages pour les primaires locales. « Avec l’arrivée des partis dits traditionnels, cela prend de l’ampleur. C’est plus compliqué aussi, certains ont l’habitude de s’exprimer, parfois un peu trop… », sourit Caroline Honvault. Cela permet également à Archipel Citoyen de se positionner comme un mouvement « défendant la justice sociale et la solidarité, et pour une véritable transition écologique ». Entre-temps, un manifeste de valeurs, un code éthique et le processus de désignation ont débouché sur la constitution d’une première liste de 70 noms, qui devait être présentée mardi 5 novembre à la presse. Un tiers des candidats a été plébiscité, un tiers est issu des partis et le reste a été tiré au sort parmi des personnalités venant notamment de la société civile. Dominique Muti, psychologue tirée au sort et qui sera certainement sur la liste définitive, trouve dans cet espace « des fragilités et des potentiels, et un terreau immense de diversités ».
Tensions sur la tête de liste
Des fragilités, et même quelques tensions, sont cependant apparues fin octobre, alors que le collectif doit présenter, selon la loi, un ordonnancement de sa liste et désigner sa tête. EELV et son chef de file local, Antoine Maurice, ont menacé de quitter le processus : « Si nous sommes clairement convaincus par la démarche et le pari, nous le sommes moins par la gouvernance actuelle et les exigences de La France insoumise », explique l’élu, qui siège au conseil municipal de Toulouse. Une ancienne militante de LFI, l’avocate Claire Dujardin, affirme qu’elle a quitté le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et s’est positionnée elle aussi pour prendre la tête de liste. « Nous allons organiser un grand week-end de réflexion entre nous le 8 novembre, et nous trancherons, toujours selon notre esprit et nos codes. Rien ne dit à ce stade que ce ne soit pas une personne totalement inconnue qui soit désignée », laisse entendre Jonas George.
Face à la montée de la notoriété d’Archipel Citoyen, c’est tout le milieu politique toulousain qui est secoué. L’actuel maire (Les Républicains) Jean-Luc Moudenc, soutenu par La République en marche, a fait du collectif son « principal adversaire et un danger pour la ville », alors que Nadia Pellefigue, qui se présente dans une démarche autonome mais avec le soutien du PS, n’y voit qu’« un effet médiatique. Le quoi est plus important que le qui, moi je crois aux compétences et à la maturité politique ». Archipel Citoyen va donc devoir choisir rapidement sa et ses nouvelles têtes, dévoiler un programme et des propositions concrètes. Une première petite tempête à essuyer dans sa volonté de faire de la politique vraiment autrement.


